Chinese Man Records a le talent de nous dénicher des artistes extrêmement prometteurs et bons, la preuve avec Taiwan MC. Entendu notamment sur l’album Racing With The Sun, le bonhomme signe ici son premier EP, sorti évidement sur le label Chinese Man Records. Oscillant entre le reggae et le dancehall, voire parfois la dubstep, l’album est composé de six tracks produites entre autre par Son Of A Pitch et Chinese Man eux mêmes, ce qui ajoute une grande diversité à l’album. À cela s’ajoutent des featurings de qualités, avec des artistes de talent. L’EP s’ouvre avec Gunshot Again, sur laquelle Taiwan MC pose sa voix sur une instru’ très hip-hop, du genre de celle qu’on peut entendre dans les snowpark en hiver. C’est appréciable, et surtout c’est bien fait. Très plaisant pour ouvrir l’EP, et le morceau suivant, Nuska (U So Hot), ne démérite pas. Instru dancehall qui bouge bien, featuring avec Abba MC dont la voix s’accorde très bien avec l’esprit du morceau, pas de doute, c’est un son bien sympa! Heavy this year, c’est la chanson qui résume le mieux l’album. Prod’ de Chinese Man qui sonne bien reggae, effets sonores du genre sirènes qui ajoutent beaucoup de couleur au morceau, vraiment un morceau qui a un gros potentiel et qui est vraiment un petit bijou sur l’album! On enchaine sur mon gros coup de choeur sur l’album: Mojo Rydim, en feat avec Biga*Ranx. Gros, gros son mes amis… Instru ragga, flow excellent, et surtout un beau featuring entre deux étoiles montantes du reggae en France. Ajoutez à ça une superbe instru’, et vous avez mon gros kiff sur l’EP. Even If I’m Wrong, avec une production par Chinese Man à base de flutes,c’est un morceau un peu passe partout, pas exceptionnel...
Black Sabbath – 13...
posted by Pierre-Elie
Il était une époque pas si lointaine où on pouvait être chevelu, porter des pantalons en cuir moulant, avoir une moustache et être complètement badass parce qu’on jouait du heavy métal. Ce temps est révolu, mais les figures de proues du genre sont elles toujours de ce monde, et toujours en forme. Je parle bien entendu de ces demi-dieux, fondateurs du métal tel qu’on le connaît maintenant, que sont les Black Sabbath. Légendes vivantes, symboles de tout un mouvement, les membres de ce groupe ont su traverser les aléas du temps avec brio, et leur frontman Ozzy Osbourne, l’autoproclamé « Prince of Darkness », n’a jamais perdu de sa verve! Et voilà que ce groupe mythique est de retour avec un nouvel album, sobrement intitulé 13. Sachant que le dernier album du groupe au complet datait de 1995, on pouvait se permettre d’être impatient! Pour ne pas déroger aux bonnes habitudes, on se penche avant tout sur la couverture du CD. Le groupe a fait appel à un sculpteur professionnel pour construire un 13 de 8 pieds de haut, qui a ensuite été enflammé. C’est classe, et ça colle à l’esthétique du groupe. Premier bon point, donc. L’album débute avec End of the Beginning, qui nous met une bonne claque dans les tympans, avec une intro toute en puissance. Guitare réglée plus basse que la moyenne, batterie qui claque dans les oreilles (le batteur de Rage Against The Machine, Brad Wilk, vient renforcer le trio fondateur), on sent tout de suite cette touche très Black Sabbath! Et lorsqu’arrive la voix d’Ozzy, appuyée par une basse saturée et de légers coups de batterie, on se sent comme pris aux tripes! Mais ce n’est qu’après cette longue introduction que le morceau se révèle réellement, démontrant la puissance du jeu...
Métal en fusion.
posted by Pierre-Elie
Ca y est, c’est l’été, les oiseaux chantent, le soleil brille, et les festivals approchent. Vous vous voyez déjà, hurlant comme un fou les paroles de vos chansons favorites, super loin de la scène parce que vos amis n’ont pas voulu se lever plus tôt pour être tout devant, mais vous vous en fichez, parce que vous avez vu votre groupe favori en live, et ça, c’est prestige! D’ailleurs, en regardant les progra’, quelque chose a attiré mon oeil: la résurrection du METAL dans les festoches. Et oui, outre les classiques Sonisphere et Hellfest (qui ont des affiches de grand malade, soit dit en passant), le genre s’autorise un gros retour sur les scènes européennes, pour le plus grand bonheur des addicts. Et d’ailleurs, le retour ne se fait pas que sur scène, mais aussi sur disque, avec des sorties d’exceptions. Alors au vu de tout ce qui est arrivé, tout ce qui a été annoncé, et tout ce qui va sortir, je me suis dit qu’un petit dossier métal serait le bienvenu, en ces temps troublés où la guitare est délaissée au profit des platines, et ou des capacités vocales talentueuses sont remplacées par des utilisations abusives de vocodeur. Historique d’un genre négligé: Bon, on va faire simple et concis, le métal ne se résume en aucun cas à des mecs qui hurlent avec des guitares saccadées. Non. Le métal, c’est un genre subtil, qui peut parler à tous pour peu qu’on l’appréhende sans idées reçues. Au départ musique de rebelles et de délinquant, le genre a connu ces lettres de noblesse avec des groupes tels que Black Sabbath, Iron Maiden, ou encore les célèbres et adulés Metallica. Bon, plus récemment, on écoutes plutôt les dérivés du genre, le hard rock ou le...
Klub des Loosers: Mise au point avant la sortie...
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Le 13 mai sort le nouvel album du Klub des Loosers intitulé Last Days. Alors du coup, au lieu de juste faire une chronique pure et simple dessus, pourquoi ne pas se faire un petit dossier special sur le Klub des Loosers, un groupe marquant par sa singularité et sa verve. Le Klub: késaco? Tout d’abord, le Klub pourrait se résummer à une seule personne: Fuzati. Il fonde alors le Klub des Loosers avec Dj Orgasmic, puis lorsque ce dernier rejoindra le groupe TTC, il est remplacé par Dj Detect, qui opera toujours en live. En effet, l’organisation du Klub est particulière, car Fuzati produit globalement tout, des instrus aux textes. Toutefois, il avoue en interview avoir besoin de Detect en live car “il ne peut pas tout faire seul”. Fuzati: Le hip-hop était son pote… Revenons-en au personnage qu’est Fuzati. Fuzati, c’est l’entité au masque blanc et inexpressif, l’incarnation de tous les penchants et faiblesses de la personne derrière le masque, ainsi que de ses idées parfois radicales. « Romantique comme un acteur porno qui ne quitte pas son alliance », profondément critique et dépressif, suicidaire parfois voire carrément glauque, ce MC au cynisme exacerbé transmet dans ses chansons un profond mal-être, mais ce avec beaucoup d’ironie et d’auto-dérision. Dans les textes de Fuzati, on est loin des préoccupations des autres rappeurs, qu’il critique d’ailleurs avec virulence dans “Dead Hip Hop”, mais on parle par contre de notions profondes tells que la solitude, la déprime, les amours brisés, la pression parentale, le suicide, bref, que des sujets joyeux, mais apportés avec un tel humour noir qu’on ne resent que très peu de malaise en écoutant ses vers. De plus, il manie les métaphores avec talent, réalisant d’excellentes personnifications d’objets, qui deviennent alors des extensions de lui...
Ghostface Killah- Twelve Reasons To Die...
posted by Pierre-Elie
Question: quel collectif musical des années 90 a réussi à faire rimer Shaolin et Rap? La réponse est évidente: le Wu-Tang Clan. Je pourrai dire tellement de bien de ce groupe que 500 pages ne suffiraient pas, et de toutes manières ce n’est pas le sujet. Enfin pas directement, puisqu’on va parler de l’album de Ghostface Killah, membre émérite du Clan. L’album en question, nommé Twelves Reasons to Die, devait initialement sortir en 2012, mais il a été repoussé pour une raison simple: RZA (encore lui…), qui en est le producteur, travaillait à ce moment sur son film, The Man With the Iron Fists, et les deux parties ne souhaitaient pas que la bande son du film entre en compétition avec l’album. Donc, pour en revenir à la galette, on est face à un album-concept, basé sur un comic racontant l’histoire d’un dénommé Tony Stark (non, pas celui à qui vous pensez…) qui combat le crime dans l’Italie des années 60, tombe amoureux d’une belle, et revient d’entre les morts pour se venger suite à son meurtre par le père de cette dernière. Pour qu’on puisse suivre sans trop de soucis l’histoire, le CD arrive avec un comic (fort joli d’ailleurs!) retraçant l’histoire de l’ami Stark, bandit voulant se faire un nom parmis les bandits. Avant de se plonger dans l’écoute, petit point sur la pochette du disque: vous vous rappelez de ces affiches de film de série B, avec du sang et un éclairage douteux, genre le dyptique Grindhouse de Tarantino ? On est face à quelque chose qui y ressemble, très old-school, et qui retranscrit très bien l’esprit très « comics ». Un bon point, donc. L’album s’ouvre avec Beware of the Stare, qui, sur une instru très old school, à base de piano et d’accords...
Kid Cudi – Indicud...
posted by Pierre-Elie
KiD CuDi… Jamais un nom n’a autant déchainé les passions. Qualifié de génie ou d’imposteur, Scott Mescudi ne laisse en tout cas pas indifférent. Suite à sa découverte par Kanye West et sa signature sur G.O.O.D. Music (label qu’il a récemment quitté) son premier album, Man on The Moon: The End Of The Day, avait reçu un accueil mitigé de la part de la critique . Le second album, Man on The Moon: The Legend Of Mr.Rager, sorti en 2009, avait suscité un intérêt un peu plus vif de la part des critiques, mais rien d’exceptionnel non plus, l’album récupérant un petit 6,7 sur Pitchfork. S’en était suivi une mise en suspens de la série des Man on The Moon,une colère de Kid Cudi envers Universal Music, qui selon lui n’avait pas bien assuré la promotion de l’album, et la création en parallèle du projet WZRD, un groupe de rock expérimental composé de Cudi et de Dot da Genius, producteur de son état. En juillet 2012, le Kid annonce un nouvel album, qui ne serait pas un Man on The Moon, mais qu’il définit comme « son Chronic 2001 ». Dans la foulée, il lâche un titre pour l’album: Indicud. Penchons nous dessus, d’ailleurs. Premier point, la pochette de l’album. Une explosion dans un cadre doré, très tape-à l’oeil, mais pas spécialement jolie par rapport à ce qu’on a pu voir auparavant, même si on comprend l’envie de faire un lien avec les clips (qui sont entourés du même cadre doré). La tracklist attire également l’oeil. On retrouve en featuring King Chip (a.k.a Chip Tha Ripper), RZA (qui semble être partout ces temps ci…) et les inénarrables Kendrick Lamar et A$AP Rocky, ainsi que toute un pléthore d’autre noms fameux. Très prometteur, donc! L’album s’ouvre avec...
James Blake – Overgrown (Deluxe Version)...
posted by Pierre-Elie
Depuis son album éponyme –qui avait, par ailleurs, remporté un franc succès (Best New Music sur Pitchfork, ça se mérite) – le londonien James Blake s’était fait discret, sa seule apparition notable étant un live remarqué au Pitchfork Music Festival à Paris en 2012. Mais déjà, des rumeurs d’un nouvel album avaient couru suite à l’apparition de plusieurs morceaux inconnus durant certains lives du compositeur. La date de sortie et le nom de l’album ont suivi les rumeurs: Overgrown allait sortir le 8 avril 2013. Et en février 2013, un premier extrait intitulé Retrograde était révélé sur BBC Radio One. Penchons nous donc sur l’album en lui même. Premier point positif : l’illustration de couverture dans la version deluxe est la même que celle du single Retrograde, sobre et classique, il s’en dégage une nostalgie certaine, qui est devenue la marque de fabrique de James Blake, et qui annonce d’ores et déjà le ton de l’album. L’album s’ouvre avec Overgrown, qui achève de convaincre tout le monde de la puissance de la voix de James Blake. Sur un tempo relativement lent, accompagné d’un piano, puis rejoint par des cymbales, le chanteur est parfait du début à la fin, et sa voix pourra même donner des frissons par moment. I Am Sold et Life Round Here démontrent une fois de plus le talent de vocaliste de James, ainsi que sa capacité à produire des tracks parfaitement arrangées, les instrus étant maîtrisées à la perfection. Arrive ensuite Take A Fall For Me, en featuring avec RZA. L’instru, plus sombre que mélancolique pour le coup, s’accorde parfaitement avec le flow parlé et rythmé du rappeur. S’en dégage une impression oppressante, renforcée par les effets sur la voix de James Blake, les chœurs évanescents, et l’effet de souffle. Nul doute, nous sommes devant...


